Cérémonie d'ouverture de la Session ordinaire de Septembre 2016

Après le mot de bienvenue du protocole, le Président a, dans son discours, commencé par demander à l’Auguste assemblée une minute de silence en mémoire du feu Vice–Président de l’Assemblée provinciale du Nord–Kivu Honorable MATE SYNDI KYMINYA Jeconie, décédé le 8 août 2016, et des filles et fils de la province morts au cours de trois derniers mois dans diverses circonstances.

Dans son allocution, le Président s’est focalisé sur quatre points.

Abordant le premier relatif au calendrier des travaux de la session ordinaire de septembre 2016, il indique qu’un projet de calendrier des travaux sera établi par la Conférence des présidents, et soumis à l’appréciation de la Plénière pour adoption.

Les députés provinciaux du Nord-Kivu en plénièreLa session étant essentiellement budgétaire, le Président précise que les députés traiteront aussi d’autres matières législatives et non législatives ainsi que les arriérés des matières qui n’avaient pas été examinées au cours de la session ordinaire de mars 2016. Ce qui nécessite la sérénité et la diligence dans l’exécution des tâches attendues.

Concernant la situation politico–sociale du moment, il souligne que la politique actuelle en province est tributaire de l’évolution du dialogue national en cours à Kinshasa où il s’observe depuis un moment la persistance des divergences des vues entre acteurs politiques.

S’agissant du volet social, il évoque le problème de la conjoncture économique actuelle, la perte de l’emploi suite à la décision impopulaire prise par la Direction Générale de l’Office de Route, à savoir la suppression de cantonnage manuel et sollicite, à cet effet, une dérogation de ladite mesure à la Province du Nord – Kivu qualifiée post conflit.

La situation sécuritaire reste encore précaire et très préoccupante sur presque toute l’étendue de la province suite à l’activisme des forces négatives locales et étrangères qui ne s’inscrivent pas dans la logique de la paix. Ainsi l’Honorable président fustige – t – il d’abord les tueries et massacres de la population dans Beni Ville et Territoire par les rebelles Ougandais de l’ADF. Il déplore ensuite l’insécurité dans le Territoire de MASISI caractérisée par les actes d’attaques des groupes armés sur les positions militaires des FARDC, les assassinats des citoyens et les braquages des véhicules. Il dénonce enfin l’inquiétude des habitants du Territoire de NYIRAGONGO, suite à la présence des rebelles Sud–Soudanais à MUNIGI.

Pour les Territoires de LUBERO, RUTSHURU et WALIKALE, il précise que la situation sécuritaire n’a pas évolué, car les mêmes types d’exactions commises dans les Territoires de MASISI et BENI y sont aussi perpétrés. A cela s’ajoute la culture de haine et tribalisme qui s’enracine dans les trois territoires.

Dans les agglomérations urbaines de GOMA et BUTEMBO, on déplore les actes de violence et de justice populaire qu’il convient de décourager.

Mettant un terme à ce point, l’Honorable Président encourage les opérations militaires qui se poursuivent à BENI, la scission de l’opération SOKOLA 1 en deux secteurs opérationnels, les procès qui se tiennent à BENI contre les ADF, la traque des groupes armés nationaux et étrangers par les FARDC.

Avant de conclure, le Président brosse quelques faits saillants survenus pendant les vacances parlementaires, souhaite un bon retour à tous les Honorables députés, et les invite à un travail assidu et fructueux.

La cérémonie d’ouverture prend fin à 13 heures 30 minutes.

Par Jean-Fiston KAMATE

Lisez le discours de l'Honorable Président en intégralité ci-dessous. 

DISCOURS DE L’HONORABLE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE PROVINCIALE DU NORD-KIVU A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA SESSION ORDINAIRE DE SEPTEMBRE 2016

  • Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province du Nord-Kivu ou son Délégué ;
  • Honorables Députés Provinciaux et chers collègues ;
  • Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement provincial du Nord-Kivu ;
  • Messieurs les membres du comité provincial de sécurité ;
  • Monsieur le Chef de Bureau de la MONUSCO/Nord-Kivu ;
  • Mesdames et Messieurs les Responsables des Agences Onusiennes ;
  • Mesdames et Messieurs les Représentants des ONG internationales, nationales et locales ;
  • Mesdames et Messieurs les Responsables des Entreprises publiques, paraétatiques et privées ;
  • Monsieur le Secrétaire exécutif de la CENI au Nord-Kivu ;
  • Mesdames et Messieurs les Chefs de Divisions de l’Administration publique du Nord-Kivu ;
  • Messieurs les membres de la Société Civile ;
  • Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs ;
  • Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs ;

La rentrée parlementaire pour cette seconde session ordinaire de l’année 2016, intervient cinquante-deux jours après que l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu ait été frappée par le deuil de son Vice-Président, feu l’honorable MATE SYNDI KIMINYA Jéconie, décédé le lundi 08 août 2016 à l’hôpital Heal Africa de Goma des suites d’une courte maladie.

Pour honorer sa mémoire et en mémoire également de toutes les filles et de tous les fils du Nord-Kivu qui sont morts, au cours de ces trois derniers mois, dans diverses circonstances à travers toute la Province, je demande à l’assistance de se lever afin d’observer une minute de silence.
(Après la minute de silence……………). Merci, vous pouvez vous asseoir.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, distingués invités,

L’ouverture officielle de la session ordinaire de septembre 2016, à laquelle vous êtes invités à prendre part, est conforme d’une part, aux dispositions de l’article 1er de la loi n° 13/008 du 22 janvier 2013, modifiant et complétant la loi n° 08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des Provinces et d’autre part, aux dispositions des articles 182 alinéa 1er de la loi n° 11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques et 53 du Règlement intérieur de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu.

Toutes ces dispositions ont en commun le fait qu’elles précisent non seulement que la deuxième session ordinaire s’ouvre le 30 septembre de l’année en cours mais aussi que ladite session est une session budgétaire.

Cela étant, mon intervention de ce jour va se développer autour de quatre points suivants :

  1. Calendrier des travaux de la session ordinaire de septembre 2016 ;
  2. Aperçu de la situation politico-sociale du moment dans la Province ;
  3. Derniers développements de la situation sécuritaire dans la Province ;
  4. Quelques faits saillants survenus pendant les vacances parlementaires.

Premier point : Du calendrier des travaux de la session ordinaire de septembre 2016.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Au stade actuel, le Bureau ne peut que présenter le projet du calendrier des travaux programmés pour la session qui va s’ouvrir d’ici peu.

En effet, conformément à l’article 50 du Règlement intérieur de notre Institution, le calendrier définitif des travaux de la session ne sera produit qu’après que le projet y afférent aura été établi par la Conférence des Présidents et soumis par le Président de l’Assemblée provinciale à l’adoption de la Plénière.

La session de septembre étant essentiellement budgétaire, les matières ci-après sont proposées :

  • Pour le compte des matières législatives :
  1. Examen du projet d’Edit portant reddition des comptes du budget de la Province du Nord-Kivu, exercice 2015 ;
  2. Examen du projet d’Edit budgétaire de la Province du Nord-Kivu, exercice 2017 ;
  3. Examen des Prévisions budgétaires de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu, exercice 2017.
  • Sous la rubrique des matières non législatives, il est prévu :
  1. La présentation, par le Bureau, du rapport d’exécution du budget de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu du 1er semestre, exercice 2016 ;
  2. La présentation, par l’Exécutif provincial, du rapport d’exécution du budget de la Province du Nord-Kivu du premier semestre de l’exercice 2016.

Ces matières ne pouvant pas, à elles seules, éponger le temps imparti à une session ordinaire, le calendrier des travaux sera, bien entendu, enrichi par les arriérés des matières législatives et non législatives qui n’avaient pas été traitées au cours de la session ordinaire de mars 2016.

Les collègues honorables députés sont donc invités à plus de sérénité et de diligence dans l’exécution des tâches qui les attendent de manière à ce qu’ils soient en mesure à la fois de traiter toutes les nouvelles matières et de vider les arriérés.

Deuxième point : Aperçu de la situation politico-sociale du moment dans la Province.

2.1. Volet politique

Comme j’ai eu souvent à le souligner à l’occasion de mes précédents discours, d’une manière générale, le climat politique dans les Provinces est souvent tributaire de l’évolution de la situation qui prévaut à Kinshasa, capitale de notre Pays et siège des institutions politiques nationales et de la quasi-totalité des partis politiques.

Cela étant, il faudra retenir que les préoccupations politiques actuelles tournent autour de deux points ci-après :

  1. La persistance de divergences de vue entre acteurs politiques sur le dialogue national inclusif ;
  2. La marche du 19 septembre 2016 organisée par les partis politiques radicaux de l’opposition et ses répercussions sur l’évolution des travaux du dialogue national inclusif.

En effet, le dialogue national proposé par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Joseph KABILA KABANGE, a été encouragé par la Communauté internationale à travers la résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce forum devait bénéficier de bons offices de l’Union Africaine. Ce qui a justifié la nomination, par l’Union Africaine, de Monsieur Edem KODJO comme facilitateur dudit dialogue.

L’objectif poursuivi par ce forum était de déboucher sur un accord politique qui soit susceptible de conduire les acteurs politiques de notre pays vers l’organisation des élections crédibles et réalisées dans des conditions acceptables par tous.

Au lieu de regarder dans la même direction, privilégier l’intérêt majeur de la République et sauver ce qui peut encore l’être du processus électoral qui est bloqué, c’est la méfiance qui s’est installée entre les acteurs politiques de l’opposition et ceux de la majorité ; les premiers accusant les derniers d’entretenir un agenda caché derrière la tenue du dialogue national. La conséquence est telle que le facilitateur a été récusé par l’opposition radicale tout comme il s’est observé de nombreux désistements dans les rangs de certains partis politiques de l’opposition à prendre part au dialogue en cours.

Alors qu’après le démarrage effectif des travaux, les parties prenantes au dialogue venaient de s’accorder sur un certain nombre de points notamment, la révision du fichier électoral et la séquence des élections dont l’organisation devra se faire de manière couplée, privilégiant ainsi l’élection présidentielle, les élections législatives et provinciales ; les conséquences fâcheuses, en termes des dégâts matériels et pertes en vies humaines qui ont découlé de la marche du 19 septembre 2016, ont donné l’occasion à certaines parties prenantes au dialogue de suspendre leur participation. Bref, le dialogue piétine. A ce stade, la population commence à s’interroger sur ce que demain sera fait pour notre pays.

Toutefois, l’arbre à palabre faisant partie des mécanismes traditionnels de résolution des conflits dans la culture congolaise, j’ose croire que l’espoir reste encore permis.

C’est pourquoi, j’exhorte les acteurs politiques de notre pays à adhérer à la logique du dialogue national inclusif en acceptant d’y prendre part.

En effet, le dialogue reste, et demeurera longtemps après nous, la voie privilégiée pour régler les différends entre les gens. C’est le seul moyen d’éviter à notre population de vivre le scenario du pire ou du chaos qui risque de se reproduire dans notre pays si rien n’est fait dans le sens de privilégier la paix et la concorde dans nos prises de positions politiques.

2.2. Volet social

Concernant le volet social, la situation n’est pas du tout reluisante au regard de la sévérité de la conjoncture économique actuelle.

Comme si cela ne suffisait pas, à la situation devenue déjà précaire, vécue par des nombreux concitoyens, il s’ajoute le problème de perte de leurs emplois suite, entre autres, à certaines décisions que l’on peut qualifier d’impopulaires car, prises souvent dans des conditions qui semblent ne tenir compte d’aucune considération humaine.

Au sujet de ce dernier point, j’aimerais dénoncer ici la mesure de suppression du cantonnage manuel décidée par la Direction Générale de l’Office des Routes.

En effet, par sa correspondance du 14 septembre 2016 adressée à tous les Directeurs provinciaux de l’Office des routes de la RDC, la hiérarchie centrale de cette Entreprise vient de décider de la suspension, jusqu’à nouvel ordre, des contrats conclus entre les attributaires des travaux de cantonnage manuel et l’Office des routes. Cette mesure a pris effet à dater du jeudi 15 septembre 2016. Motif avancé, l’Office des routes se voit dans l’incapacité de garantir la poursuite de paiement des prestations des attributaires tant des routes nationales que provinciales de la RDC faute de financement, par le FONER, du projet relatif à l’entretien des routes par le cantonnage manuel.

Pour le Nord-Kivu, je pense que cette décision est inopportune. Mais, en attendant l’amélioration des conditions qui permettront la levée de cette mesure, comme promis par la Direction Générale de l’Office des routes, il reste vrai que tous ces cantonniers sont réduits au chômage et à la misère d’autant plus que pour ceux de la Province du Nord-Kivu dont nous avons enregistré les plaintes, les montants dus de leurs arriérés de salaires restés impayés n’ont pas été liquidés à ce jour. D’une manière générale, les impayés seraient de l’ordre de six mois pour les cantonniers des routes nationales et de sept mois pour ceux des routes provinciales. A titre particulier, les informations en notre possession faisaient déjà état, depuis le 09 septembre 2016, de la menace de grève que brandissaient les cantonniers de l’axe routier Alimbongo – Kirumba. Ces derniers réclamaient le paiement d’un montant de 41.265 $ américains représentant près de onze mois de leurs salaires impayés.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Distingués invités ;

Tous ces cantonniers qui vont devenir du coup, des personnes désœuvrées, n’est- ce- pas là une voie royale qui se trace devant eux en ce qu’ils sont exposés à la tentation d’aller grossir les rangs des groupes armés que nous invitons pourtant à la démobilisation au nom de la paix ?

Outre ce qui précède, il y a lieu de s’interroger sur l’image que prendront nos routes une fois qu’elles ne seront plus entretenues. A-t-on également pensé à la difficulté pour le FONER de poursuivre la perception des taxes de péage auprès des usagers de la route alors que les routes ne seront plus entretenues ?

La Province du Nord-Kivu est une province post conflit et aux prises avec une insécurité récurrente. Il est donc d’une extrême urgence que l’Assemblée provinciale et l’Exécutif provincial du Nord-Kivu réagissent à cette mesure pour obtenir une dérogation quant à ce. C’est dire, qu’il faudra conjuguer nos efforts dans le sens de ce plaidoyer car pour les entités de l’intérieur de la Province, l’enclavement qui résultera de l’impraticabilité de nos routes risque de complexifier davantage la problématique de l’insécurité contre laquelle nous luttons dans notre Province où cette insécurité est devenue une gangrène et une équation à plusieurs inconnues.

Troisième point : Derniers développements de la situation sécuritaire dans la Province

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Distingués invités ;

La situation sécuritaire reste toujours précaire et très préoccupante sur l’ensemble de la Province suite à l’activisme des forces négatives résiduelles locales et étrangères qui refusent de s’inscrire dans la logique de la paix et continuent d’insécuriser la population.

Dans BENI Ville et Territoire, les tueries et massacres des populations continuent d’être enregistrés dans les différentes localités de ces contrées où ces forfaits sont commis n’importe quand, n’importe où, n’importe comment et sur n’importe qui.
Les auteurs présumés sont les rebelles ougandais de l’ADF qui tuent sans scrupule et de la manière la plus barbare possible, le plus souvent à l’arme blanche, en mutilant les cadavres avec une sauvagerie qui laisse pantois certains esprits sensibles.

Alors que dans le passé, ces terroristes ADF opéraient dans la grande forêt où les pauvres cultivateurs constituaient le gros de leurs cibles, ces ennemis de la paix ont changé de stratégie en s’attaquant, cette fois, aux localités se trouvant dans les proximités immédiates de la Ville de Beni. Un véritable défi.

Le bilan de leurs actions se chiffre souvent en plusieurs morts d’hommes, incendies des maisons de la population, kidnapping des paisibles citoyens, pillages et autres violations des droits humains.

L’attaque du 13 août 2016 dans les Quartiers Rwangoma, Paida et Kalongo en Commune de Beu, où les habitants ont été massacrés à plus d’une cinquantaine des personnes, est une illustration qui invite à une réflexion approfondie et à s’interroger si le loup ne se trouve pas dans la bergerie de telle manière qu’il offre une certaine complicité aux tueurs qui permet à ces derniers d’opérer en toute quiétude et sans crainte ni de représailles ni d’être surpris sur les lieux de crimes.

En Territoire de Masisi, l’insécurité est caractérisée par des actes ci-après :

  1. attaque des groupes armés sur les positions des militaires des FARDC ;
  2. assassinats des paisibles citoyens ;
  3. braquage des véhicules suivi de kidnapping de leurs occupants, dont trois agents humanitaires de Caritas et trois autres de l’ONG NRC en ont fait les frais tout récemment ;
  4. affrontements entre groupes armés APCLS et Nyatura à Kibarizo, à Muhanga et dans les périphéries de Kitshanga, qui sont à la base de déplacement massif des populations dans cette partie de la Province ;
  5. incendie des maisons, de destruction des cultures et vol des vaches.

Dans le Groupement Kibabi II, en Secteur de Katoyi, l’insécurité qui s’y observe est l’œuvre d’une bande d’inciviques commandée par un certain Monsieur KIGINGI KATALA De dieu qui dirige le groupe Nyatura sous la protection des éléments FDLR.
Cet homme est un militaire des FARDC qui s’est soustrait à la vigilance de ses Chefs hiérarchiques et qui a refusé de se rendre à Kitona avec son unité sous prétexte qu’il serait malade. Au regard de l’insécurité qu’il sème dans cette partie du Territoire de Masisi, j’ose croire que sa présence devant une juridiction militaire compétente ne pourra pas mécontenter la population de cette contrée. Les services de sécurité et de renseignements militaires ont donc du pain sur la planche pour traquer ce hors la loi, le sortir de son repaire et le mettre à la disposition de la justice militaire.

Dans le Territoire de Nyiragongo, la présence des rebelles Sud-soudanais à MUNIGI inquiète les habitants qui vivent dans cette localité. Pour la population de Munigi comme pour l’ensemble de la population de notre Province, le cantonnement de ces rebelles hors des frontières congolaises s’impose.

Pour les Territoires de Lubero, de Rutshuru et de Walikale, la situation sécuritaire, telle que nous l’avons décrite dans notre discours de clôture de la session de mars 2016, n’a pas évolué. Ce sont les mêmes types d’exactions commises dans le Masisi et à Beni qui sont perpétrées dans ces Territoires.

La nouvelle donne qui s’ajoute au calvaire que subissent les populations dans ces trois territoires et qu’il faut déplorer ici, c’est la culture de la haine et du tribalisme qui prend de plus en plus racine et fait des ravages au sein des communautés habitant ces trois contrées de la Province du Nord-Kivu. Les événements survenus à Miriki, dans le sud Lubero, à Buleusa dans le Territoire de Walikale et à Bwalanda, Nyanzale, Kibirizi, Kashalira ainsi qu’à Kikuku dans la Chefferie de Bwito, en Territoire de Rutshuru sont des exemples d’une mauvaise cohabitation des communautés ethniques qui méritent d’être combattus pour qu’ils ne se répètent plus.

Dans les agglomérations urbaines de Goma et de Butembo, on assiste passivement à l’amplification des actes de violence et de justice populaire auxquels recoure une partie de notre population pour se rendre justice et ce, sans aucune justification. Le dernier exemple en date est celui d’un voleur qui est mort ce matin, dans le Quartier Katoyi, probablement lynché ou lapidé par la population.

Pour conclure sur la situation sécuritaire de la Province, notre position à ce sujet est que :

  1. Nous encourageons les opérations militaires qui se poursuivent à Beni par la traque des rebelles ougandais ADF ;
  2. Nous encourageons la scission de l’opération SOKOLA 1 en deux secteurs opérationnels dont secteur nord et sud pour permettre le contrôle facile des mouvements de ces rebelles ougandais dans le rayon dit « triangle de la mort » ;
  3. Nous encourageons les procès qui se tiennent actuellement à Beni contre les rebelles ADF capturés par les FARDC ;
  4. Nous condamnons le comportement incivique d’un élément des FARDC, auteur de la panique créée dans la Ville de Beni, le samedi 24 septembre 2016 provoquant la mort de + 17 compatriotes et plusieurs enfants perdus ;
  5. Nous encourageons la traque des groupes armés nationaux et étrangers par les FARDC dans les Territoires de Lubero, Walikale et Rutshuru et demandons à nos compatriotes de se désolidariser d’avec ces groupes armés pour éviter de tomber dans le piège de l’ennemi qui consiste à semer la haine tribale dans les groupes ethniques.
  6. Nous demandons que les effectifs des éléments de la Police soit revu à la hausse dans le Groupement Ufamandu 1er et dans une partie du Groupement Muvunyi-Shanga en Territoire de Masisi afin de stopper les cas de vol de vaches et autres tracasseries dont sont victimes les populations de cette contrée.

Quatrième point : quelques faits saillants survenus pendant les vacances parlementaires

Au cours du mois de juillet 2016, l’actualité a été dominée par deux faits :

  1. la rencontre à Goma, de six Ministres en charge de l’Intérieur et Sécurité des pays de la Région des Grands Lacs qui ont tablé sur le terrorisme régional et la sécurité transfrontalière. Les pays participants étaient le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie, le Sud-Soudan et la RDC.
  2. La visite du Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur et Sécurité de notre pays qui s’est rendu à Buleusa en Territoire de Walikale pour présenter le message de compassion du Président de la République et du Gouvernement central à la population de Buleusa suite aux événements malheureux qui y sont survenus.
  3. Le mois d’août 2016 a été honoré par la visite du Président de la République à Goma, Beni, Butembo, Lubero et Rutshuru où il a eu à conférer avec plusieurs notabilités et à échanger sur l’état des lieux sécuritaire et sur le problème de développement dans les entités visitées. La visite du Président a été suivie de celle du Premier Ministre et de quelques membres du Gouvernement qui se sont rendus également à Beni compatir avec la population de cette entité victime des tueries de Rwangoma.
  4. Lors de son séjour à Goma, le Premier Ministre et Chef de Gouvernement a reçu en audience les membres du Bureau de notre institution, accompagnés de quelques députés provinciaux qui étaient présents à Goma. Ces représentants du peuple ont saisi cette opportunité pour soumettre, au Premier Ministre, diverses préoccupations de la population et leurs suggestions pour restaurer la sécurité dans la Province.
  5. .Au cours du même mois d’août 2016, le Président de la République a organisé deux rencontres importantes avec respectivement son homologue de l’Ouganda à Kasese le 04 août 2016 et celui du Rwanda à Gisenyi le 12 août 2016.
  6. Au registre des informations nécrologiques, la Province a perdu l’un de ses vaillants Chefs coutumiers en la personne de Mwami Dieudonné NDEZE, Chef de la Chefferie de Bwisha décédé le 02 août 2016 aux Pays bas. Le regretté a été inhumé à Rutshuru.
  7. A titre purement rétrospectif, il y a lieu de rappeler que le mois de juin a été marqué par la disparition de deux grands icônes de la Province du Nord-Kivu. C’est notamment le patriarche Marcel BISUKIRO TABARO, l’un des pionniers de l’indépendance de notre pays, la RDC et de l’Abbé Professeur Apollinaire MALUMALU MUHOLONGU, l’un des artisans de la démocratie dans notre pays, décédés respectivement en date du 07 et 30 juin de l’année en cours. Leurs obsèques ont eu lieu au mois de juillet 2016, respectivement à Rutshuru et à Butembo.

Les points prévus à l’ordre du jour venant d’être épuisés, il ne me reste qu’à remercier tous les invités pour leur disponibilité et à souhaiter non seulement un bon retour au siège de l’institution à tous les honorables députés mais aussi un travail assidu et fructueux pour le temps nous imparti.

C’est sur ces mots que je déclare ouverte la session ordinaire de septembre 2016.
Que vive la République Démocratique du Congo
Que vive la Province du Nord-Kivu ;
Que vive l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu ;

Je vous remercie.

Fait à Goma, le 30 septembre 2016

Honorable HAKIZUMWAMI HABIMANA Jules
Président