Deux sujets majeurs intéressent la presse parue mardi 11 avril à Kinshasa. Il s’agit de la marche ratée de l’opposition et la rencontre Joseph Kabila-Bruno Tshibala.
Annoncée avec fracas, la marche du Rassemblement de l’opposition n’a plus eu lieu, constate Forum des As. La raison: « Pas de marcheurs hier dans la rue» !

Les rues de la capitale étaient plutôt désertes. L’itinéraire que devait suivre les manifestants avec comme point de chute le Palais de la Nation, n’a reçu aucun marcheur, s’étonne le quotidien à la une, qui ajoute :

«Les différents leaders de l’Opposition qui devaient ouvrir la procession étaient invisibles. A l’instar de Félix Tshisekedi lui-même qui a choisi la veille de la « grande manif » pour … quitter le pays ».

Pour le canard, le départ de Félix Tshisekedi vingt-quatre heures avant la marche, ne pouvait raisonnablement augurer rien de bon. Si ce n’est jeter le trouble dans le chef des combattants. Pour emprunter au lexique martial, tout s’est passé comme si le commandant des opérations abandonnait les troupes, juste avant la guerre.

Actualité.cd fait remarquer que «la marche pacifique du Rassemblement a finalement laissé place à une ville morte». C’était une paralysie quasi-totale des activités dans toute la ville qui a été observée.

Dans sa ronde des communes de Kinshasa, le média en ligne dévisage une capitale où tout a tourné au ralenti : « Du boulevard du 30 Juin, en passant par le boulevard Lumumba, l’espace du boulevard Triomphal, Limete, Masina, Ngaba, l’UNIKIN [Université de Kinshasa] et autres coins, le constat a été le même: paralysie des activités. Boutiques, magasins, marchés et petits commerces sont restés fermés tout l’avant-midi ».

Le Potentiel fait le tour d’autres villes de la RDC et présente presque le même scénario qu’à Kinshasa. A Beni (Nord-Kivu), la marche pacifique prévue a été muée en une journée ville morte. Même situation à Kananga (Kasaï-Central), où le Rassemblement a aussi décidé de muer cette marche à une journée ville morte. Raisons évoquées: le refus de l’hôtel de ville d’encadrer la manifestation et la situation sécuritaire de la ville marquée par l’activisme des miliciens Kamuina Nsapu. À Mbandaka (Equateur), la marche du Rassemblement a été dispersée par la police après quelques kilomètres de son point de départ.

Dans d’autres villes, les manifestants ont été dispersés comme à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. Ils entonnaient, durant leur marche, des chants hostiles au pouvoir et réclamaient le retour de Moïse Katumbi. A Bukavu (Sud-Kivu), la police a également dispersé la marche qu’avaient entamée plusieurs partisans de l’opposition, renseigne le quotidien.

Marche pacifique ou ville morte, La Prospérité décrypte « Une confusion totale à l’Opposition » ! Dans sa tribune, le journal donne la parole à Kajepa Molobi, un analyste pro-Majorité, qui estime que cette marche programmée et pompeusement annoncée, n’aura été qu’un «échec».

Dans sa grille de lecture, il ne manque pas de fustiger, comme il en a, d’ailleurs, l’habitude, cette main toujours noire de certaines puissances, derrière les opposants congolais.

«Dommage, pauvre Rassop», se moque L’Avenir.

Devant un programme brut publié à la va vite comme le font si mal certains sur la toile, l’on s’attendait lundi 10 avril 2017 à l’apocalypse. Visé et convoité, le Palais de la Nation allait simplement changer de locataires à Kinshasa, commente L’Avenir.

Mais, la montagne vient d’accoucher d’une souris. Ce qui a été promis, tambours battant, n’a même pas valu un simple pet. Dans la ville capitale comme dans la quasi-totalité de provinces, rien, alors rien à signaler. Comme c’est dommage pour l’aile dure du Rassemblement dont le patron a choisi d’être loin du pays depuis la veille alors que le tout devait se jouer, ironise le journal.

Tête-à-tête Kabila-Tshibala

Autre actualité qui retenu l’attention des chevaliers de la plume, c’est la rencontre entre le président de la République, Joseph Kabila Kabange et le Premier ministre, Bruno Tshibala.

Cette audience augure de bonnes choses, et est de nature à donner un signal fort à la population. Celui de la formation d’un gouvernement d’union nationale, se réjouit L’Avenir, qui fait remarquer que la mouture de l’exécutif national existe déjà et la nomination des animateurs n’est qu’une question d’heures.

En ce qui concerne l’accord de la Saint-Sylvestre, le gouvernement à mettre en place comprendra donc 45 ministres et 8 vice-ministres, soit un total de 53 membres, rappelle le canard.

La taille est connue. La nomenclature aussi. Seuls, quelques aspects sur le dispatching des postes liés notamment, à quatre ministères de souveraineté feront, peut-être, l’objet d’une petite harmonisation, renchérit La Prospérité.

Les élections seront à l’épicentre de son action. Le social et l’économie, le vrai souci des Congolais, ne manqueront pas de le préoccuper au plus haut point. La lutte contre la criminalité et l’insécurité sous toutes leurs formes, la relaxation « symbolique » de quelques prisonniers, figureront, certainement, à l’avant-plan.

A en croire Actualité.cd, Aubin Minaku, secrétaire général de la majorité présidentielle (MP) promet tout son soutien au gouvernement Tshibala.

«Dans quelques minutes, la MP va lire la déclaration de son Bureau politique. Elle concerne les questions de l’heure, premièrement la MP félicite Bruno Tshibala après avoir été nommé. Le rassurant que lui et son gouvernement peuvent compter sur un appui républicain de la Majorité », assure Aubin Minaku.